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Grasse
Grasse (en occitan provençal: [grass], écrit Grassa selon la norme classique ou Grasso selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont les Grassois.
Grasse est la sous-préfecture des Alpes-Maritimes, la capitale mondiale du parfum, la capitale de la Provence orientale, elle possède deux fleurs au Concours des villes et villages fleuris, a été promue Ville d'Art et d'Histoire et est également Ville Internet.
C'est la cinquième ville des Alpes-Maritimes en terme de population.
 

Les premières traces d’existence humaine dans le pays de Grasse datent du néolithique.

Des archéologues grassois du XIXe siècle tels que Paul Goby, Marcellin Chiris, Adrien Ghébart ou Casimir Bottin ont décrit et étudié les vestiges d’une activité humaine remarquable : dolmens, dolmens à couloir, tombes à chambre carrée, tumuli, « bories »,… mettent en évidence l’existence d’une population plus importante qu’ailleurs.

Plus étrange, ils y découvrent de grosses enceintes faites d’énormes blocs dont l’utilité reste mystérieuse et qu’ils appellent « Castellaras ». Durant l'Antiquité, la Provence a vu de nombreuses civilisations la parcourir et parfois s’y installer comme les Ligures, les Phéniciens, les Carthaginois ou encore les Grecs.

Mais ceux qui se sont le plus fixés à Grasse sont sans doute les Romains. Outre les nombreux vestiges présents dans le Pays de Grasse, on peut en effet affirmer qu’un poste romain y a existé. De plus, à la place de l’actuelle chapelle de Saint-Sauveur ou de Saint-Hilaire se tenait un temple dédié à Jupiter.

Les envahisseurs barbares n’eurent pas de difficulté à envahir la Provence orientale qui tomba aux mains successivement du patrice Stilicon (416), des Burgondes (443), des Ostrogoths (493), des Francs (534), puis des Lombards (817).

Grasse

Au Moyen Âge, Grasse se spécialise dans le tannage du cuir. Une fois tannés, les cuirs sont souvent exportés vers Gênes ou Pise avec qui Grasse avait fait une alliance commerciale. Plusieurs siècles de cette intense activité furent les témoins de nombreux progrès techniques des industries de tannerie.

Les cuirs de Grasse acquirent une réputation de grande qualité. Mais le cuir sent mauvais, chose qui ne plaît pas à la noblesse qui porte des gants en cette matière. C’est Molinard, tanneur à Grasse qui a l’idée de créer des gants en cuir parfumé.

Il en offre une paire à Catherine de Médicis qui est séduite par le cadeau. Dés lors, le produit se répand à la Cour et dans toute la Haute Société et il fit de Grasse une réputation mondiale.
Nous sommes au XVIIe siècle, c’est la grande époque des « Gantiers Parfumeurs ».

Mais les taxes sur le cuir et la concurrence de Nice firent décliner l’industrie du cuir à Grasse et au cuir succéda le parfum.

La Parfumerie

Les senteurs rares du pays de Grasse (lavande, myrte, jasmin, rose, fleur d'oranger sauvage, Mimosa) firent gagner à Grasse le titre de capitale mondiale du parfum.

Le jasmin occupait il y a encore quelques décennies une main d'œuvre importante : les fleurs devaient être cueillies à la main au lever du jour, au moment où leur parfum est le plus développé, pour être traitées immédiatement par enfleurage à froid. Aujourd’hui encore, la parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse.

Un réseau d'une soixante d'entreprise y emploient 3500 personnes dans la ville et les environs. En comptant les emplois induits ce sont près de 10 000 grassois qui vivent des parfums. Presque la moitié de la Taxe professionnelle de la ville provient de ce pôle industriel qui devance le tourisme et les services.

L'activité de la parfumerie à Grasse va de la production de matière premières naturelles (huiles essentielles, huiles concrètes, huiles absolues, résinoïdes, et de distillation moléculaire) à la fabrication de concentré, appelé aussi le jus.
C'est ce concentré qui dilué dans, au moins, 80% d'alcool permet d'obtenir du parfum.
Les arômes alimentaires, qui se développent depuis les années 1970, comptent pour plus de la moitié des débouchés de la production.

Le bassin de Grasse à encore un rôle de premier plan dans le monde de la parfumerie, il représente près de la moitié de l'activité Française de la parfumerie et des arômes et autour de 7-8% de l'activité mondiale.
Durant les années 1960 et 1970 de grands groupes internationaux ont progressivement rachetés les usines locales familiales (Chiris, Givaudan-Roure et Lautier par exemple).

La production a souvent été délocalisée.
Mais l'industrie grassoise achève une longue mutation, il y a encore 30 ans la plupart des entreprises se focalisaient sur la production de matières premières.
Cependant un parfum contient de nos jours une majorité écrasante de produits chimiques de synthèse.
Les entreprises se sont donc adaptées en se tournant vers l'aromatique de synthèse et notamment vers les arômes alimentaires.
Face aux multinationales de la chimie, les industries grassoises ne peuvent rivaliser, elles profitent cependant d'avantages de taille tels que la connaissance des matières premières, les installations, les sous-traitants, etc ...

Lieux et Monuments.

La cathédrale romane : initialement église Notre-Dame du Puy ou Santa Maria de Podio, elle fut transformée en cathédrale lors du transfert de l'évêché d'Antibes à Grasse en 1244 au cours de travaux qui comprirent également la construction du palais épiscopal qui tient lieu aujourd'hui de mairie.

La cathédrale a pour saint patron Honorat d'Arles (Saint Honorat) et pour titulaire l'Assomption. Les deux portes latérales ont été murées et la porte principale a été décorée en 1714. La nef centrale mesure 55 m sur 19 m, elle fut construite au XIIIe siècle.

Les murs font plus de deux mètres d'épaisseur. Dix colonnes austères et abîmées par le terrible incendie du 19 Fructidor An III (1795) qui dura une semaine soutiennent le tout. Les orgues situées au dessus de l'entrée ont bénéficié d'une restauration en 1978. Sept cloches sonnent d'un clocher dépassant la cathédrale de 34 m.

La cathédrale expose de nombreux tableaux dont trois magnifiques Rubens, un Fragonard, un Charles Nègre, un Gaillard, un Sébastien Bourdon, etc. et de nombreux anonymes représentant les évêques de Grasse. La cathédrale possède 6 vitraux et quatre statues de Baillet : saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean.

La tour Sarrasine : haute de 30 m, carrée.

Hôtel de Ville (ancien évêché) : la porte monumentale de l'hôtel de ville en pierre de taille et sommée des armes de Grasse mène dans la cour intérieure où trône la fontaine surmontée par la statue de Ramuy représentant Grasse allégorisée.
Sur la droite, on peut admirer la façade très conservée de l'ancien palais épiscopal. Au fond, un jardin discret offre un panorama sur le centre de la ville.

À l'intérieur de la mairie, dans le hall, deux arceaux du XIIe siècle sont remarquables, tout comme la chapelle privée des évêques de Grasse (XIIe siècle) au deuxième étage, transformée aujourd'hui en salle des mariages.

Les parfumeries : étape incontournable dans la visite de Grasse.

Trois d'entre elles, Fragonard, Galimard et Molinard ouvrent leurs portes au public et proposent des visites guidées gratuites afin d'expliquer les procédés de fabrication du parfum. Il y est possible de créer soi-même son parfum ou son eau de toilette et de participer à toute les étapes de sa fabrication allant du ramassage de fleurs à la mise en flacon du parfum.
La parfumerie Galimard, crée en 1747 par Jean de Galimard fournissait la Cour en pommades et parfums.
La parfumerie Molinard présente des flacons anciens signé Baccarat ou Lalique, des séries d'étiquettes.
L'atelier de tarinologie permet de créer son propre parfum.
La parfumerie Fragonard est installée depuis 1926 dans une des plus anciennes fabriques de la ville.
Son musée présente des objets rares qui évoquent l'histoire de la parfumerie depuis plus de 5 000 ans.

Musée Fragonard : musée consacré au peintre créé à l'initiative de François Carnot avec l'aide de sa Société Fragonard, le musée Fragonard de Grasse se voulait être le musée régional qui manquait à la Provence orientale.

L'hôtel Clapier-Cabris, vandalisé et dévasté pendant un siècle fut patiemment et méthodiquement rénové, puis rempli de mille trésors par de nombreux contributeurs enthousiastes. Inauguré en 1921, le musée, malgré son nom, n'exposa pas de toile de Jean-Honoré Fragonard durant plus de vingts ans.

Aujourd'hui, il en possède treize des plus variés.
Le musée présente aussi les répliques de quatre tableaux qu'il peignit pour la comtesse du Barry. La cage d'escalier présente un étonnant trompe-l'œil le fils de Fragonard, le jeune Alexandre, l'aurait réalisé à l'âge de 13 ans.

Musée International de la Parfumerie : ouvert en 1989, le musée retrace l'évolution des techniques et les 4000 ans d'histoire de la parfumerie à laquelle Grasse a largement contribué.

Musée d'Art et d'Histoire de Provence est installé dans la villa Clapiers-Cabris, demeure de la marquise de Cabris et présente l'histoire de Grasse et de sa région. Une annexe de ce musée, situé dans la rue droite, renferme des costumes et des bijoux provençaux des XVIIIe et XIXe siècles.

Musée de la Marine : l’hôtel Pontevès datant du XVIIIe siècle, accueille ce musée consacré à la vie et à la carrière d’un grand marin de Provence et de ses compagnons : François-Joseph Paul comte de Grasse (1722-1788). Trente maquettes de navires sont exposées dans les salles voûtées de l’hôtel.

Le Domaine de Manon cultive les roses et les jasmins
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